Article : Sarah Biasini
On l’avait découverte sur scène dans « Pieds nus dans le parc », pleine de fraîcheur et de pétulance juvénile. On la retrouve aujourd’hui dans « L’Antichambre » où elle incarne une jeune femme à multiples facettes, un rôle qui lui a valu une nomination aux Molières.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Sarah Biasini a mis du temps avant de sauter le pas qui l’amènerait vers une carrière de comédienne. « Le pas le plus dur à faire était de me dire tout haut ce que je me disais tout bas depuis l’âge de 14 ans et d’assumer mon envie de faire du théâtre… ou du moins de commencer par prendre des cours. Je suis donc partie à Los Angeles pour étudier à l’Institut Lee Strasberg et à l’Actors Studio, puis à Paris, notamment avec Raymond Acquaviva. » Les premiers pas de Sarah sur scène ont lieu au Théâtre Marigny, dans Pieds nus dans le parc : « C’est un excellent souvenir ! C’est simple, tous les gens avec qui j’ai travaillés sont devenus mes meilleurs amis ! Et puis, la salle Popesco est géniale pour débuter, elle a un très bon rapport scène - salle. »Quelques années plus tard, Christophe Lidon l’appelle pour lui proposer de jouer dans L’Antichambre de Jean-Claude Brisville. Après l’héroïne fraîche et romantique de ses débuts, Sarah aborde cette fois un personnage plus complexe et plus enflammé : Julie de Lespinasse, une jeune provinciale aux origines troubles qui monte à Paris, prise sous la protection de sa tante, la marquise du Deffand. Julie y intègre l’univers des salons où les philosophes échangent leurs idées.« Quand elle arrive à Paris pour la première fois, dans un des salons les plus réputés de l’époque, où circulent les plus grands penseurs, elle se révèle à elle-même et aux autres, explique Sarah. Elle découvre le monde, et une nouvelle façon de pensée à laquelle elle va adhérer. C’est une jeune femme qui est extrêmement curieuse, qui a envie de s’en sortir et qui a une intelligence instinctive. C’est aussi une excessive, une femme entière qui assume ses sentiments et je trouve que c’est comme ça qu’on doit vivre, même si on souffre certainement davantage parce qu’on dit les choses… mais c’est tellement plus intéressant et plus vivant ! »Julie est finalement un personnage qui lui ressemble en certains points : « Je suis très démonstrative en amour et en amitié. J’ai un rapport très terrien, charnel, avec les gens. J’aime les prendre dans mes bras en permanence. Quant à l’aspect politique, il serait vraiment difficile de ne pas adhérer aux révoltes de Julie. Donc, je la comprends bien ! »Dans L’Antichambre, Sarah partage la scène avec Danièle Lebrun et Jean-Claude Bouillon, deux comédiens chevronnés qui semblent lui apporter beaucoup : « J’ai le sentiment de grandir chaque jour à leur contact. Tous deux ont une écoute absolue de leur partenaire. Et puis, il y a une exigence de leur part qui vous pousse à être exigeante vous-même. C’est très stimulant. »Bien sûr, Sarah aime aussi le cinéma : « Je me suis aperçue que mes films préférés sont ceux qui se passent à l’étranger et qui me font voyager, comme Carnets de voyage ou Babel. Ce sont des films qui vous font voir le monde différemment, qui vous montrent des choses qui sont loin géographiquement mais qui vous font réaliser qu’on fait tous partie de la même planète... »Sarah a définitivement d’autres points communs avec le personnage qu’elle interprète : une rafraîchissante curiosité et une envie palpable de s’ouvrir sur le monde.
Date de publication : 08/11/2011
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