Article : Isabeau de R.

Isabeau de R.

Quelle drôle de dame !

Auteur : Caroline Fabre
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Sacré parcours en effet, cette Isabeau ! Ah, comme elle a dû détoner au Bout, en tailleur avec son PC sous le bras, quand elle prenait des cours de café-théâtre ! Car cette auteur et comédienne fut d’abord… dans la finance !
 

Pas trader, non, elle conseillait, achetait et vendait sur les marchés financiers pour une clientèle variée et avariée dit-elle en souriant. Adorant son job qu’elle a exercé pendant quinze ans dans moult contrées du globe (signalons au passage que ce drôle d’oiseau parle six langues dont le chinois et le coréen !), elle s’y attelait quelque dix heures par jour, devenant une vraie droguée du boulot… et décourageant plus d’un fiancé !C’est d’ailleurs après une peine de cœur qu’elle s’inscrit au Bout pour réaliser un rêve :  faire rire ! Ce fut une révélation et deux ans plus tard, elle écrit son premier spectacle et plaque son boulot. Bye bye les clients, bonjour les spectateurs…Ses copains, qui bossaient tous, sont venus puis revenus avec d’autres. Un sacré coup de pouce et la possibilité de polir ses premières armes sans trop d’inconfort. Au menu, des personnages atypiques et des situations cocasses… tout droit venus de ses propres expériences !Car il n’y a pas que cet épisode de workaholic girl qui distingue Isabeau. Non, née dans une famille catholique, nombreuse et bien conventionnelle, c’est une aristo vraie de vraie, avec des parents et des ami(e)s conformes à ce qu’elle aurait dû devenir : mariage à 18 ans, plein d’enfants…Mais voilà, très jeune, la petite Isabeau s’éprend de liberté et rêve d’explorer d’autres horizons. Au lieu de Polytechnique (sa mère aurait tant aimé…), elle s’inscrit à Langues O et termine ses études à Taïwan et à Corée. Ensuite, elle ira travailler, à Bruxelles (tiens, bizarre !) et à Pékin où elle craint de finir ses jours car elle parle trop couramment chinois. Mais non, c’est en Allemagne qu’elle se jettera corps et âme dans le monde de la finance et elle continuera à Hong Kong, en Autriche, en France…Ses seules récréations seront les voyages, seule, loin, avec un sac à dos, et la chute libre ! Entre ces moments d’exception et ses retours réguliers en France, Isabeau prend conscience d’une chose : elle a beau chercher à se débarrasser du poids de son éducation, non seulement les codes qu’elle a reçus sont à jamais ancrés en elle  et lui empoisonnent la vie mais elle en a viscéralement besoin pour [se] situer.  En perpétuel décalage entre le monde tel qu’il est et les bonnes manières dont on l’a imprégnée, elle a vécu des moments surréalistes… Et si elle n’a pas explosé en plein vol, c’est grâce à l’humour ! « Tenue correcte encore exigée ! » nous offre un florilège de ces instants, dans une version parfaitement aboutie, où chaque mot, chaque intention, a fait l’objet d’un peaufinage attentif. Ce qu’elle y raconte, comme les personnages qui l’accompagnent sur scène (sauf Joséphine qui n’est qu’une caricature), tout a existé et elle exagère à peine, sans hésiter à se moquer d’elle au passage. C’est en fait « Tenue correcte exigée ! » qu’elle a relooké, auquel elle a donné un coup de jeune pour la dernière ligne droite.Eh oui, Isabeau pense déjà au prochain spectacle, qui semblerait tendre vers une bonne dose d’absurde, car elle est un peu barrée quand même et aimerait l’exprimer (!!!). Elle y intégrera sans doute différents codes propres à chaque type de société, en France et ailleurs. Ses carnets de voyage sont d’ores et déjà remplis d’anecdotes, il lui suffira d’en extraire celles qui la font rire. L’important, ajoute-t-elle, c’est le sous-jacent, comme on dit dans la finance. Ainsi, elle adore emprunter des détours et lancer de fausses pistes mais chaque sketch montre quelque chose, sans ostentation, sans donner de leçon ni faire la morale à personne.  Aujourd’hui, écriture et jeu sont intimement liés dans son processus de création. Parfaitement à l’aise avec le public, elle s’amuse de plus en plus sur scène qui le lui rend bien chaque soir. Pourtant, dit-elle, on m’empêche de jouer je crois que je peux vivre, on m’empêche d’écrire, je meurs !




Date de publication : 08/11/2011

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