Article : Nicolas Laugero-Lasserre

Nicolas Laugero-Lasserre

Démocratiser et rendre accessible le spectacle et l’art

Auteur : Caroline Fabre
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Bien qu’issu d’un milieu qui n’a rien à voir avec le théâtre ni avec l’art, Nicolas Laugero est devenu président fondateur d'Artistik Rezo (média culturel partenaire de Visioscène), directeur de l’Espace Pierre Cardin, adaptateur pour le théâtre (Orange mécanique, Les demoiselles d’Avignon, Footloose, Hairspray) et collectionneur d’art. Voici son parcours.

Nicolas fait du théâtre dès l’âge de douze ans, à Antibes et Marseille. Puis il entre dans une compagnie de théâtre qui tourne dans la région. Il donne même des cours de théâtre. Mais pour ses parents, c’est « passe ton bac d’abord »… ce qu’il fait en frôlant une mention. Cela lui donne l’impulsion pour continuer ses études, en Droit, mais pas longtemps car il décide vite de partir à Paris et de s’inscrire au cours Florent. Une de ses copines de cours lui ayant demandé un coup de main pour les relations presse d’un spectacle à l’affiche du Guichet Montparnasse, il découvre un métier qui lui plaît et qu’il exercera quelques années, tout en jouant ici et là. C’est en tant qu’attaché de presse qu’il entre à l’Espace Cardin, en 97. Cette année-là, y sont entre autres programmés le Mime Marceau, Nicole Croisille, « La cerisaie » avec George Wilson et dans laquelle Nicolas a un petit rôle. Si, à cette époque, Nicolas ressent un peu d’amertume à ne pas être resté comédien, il s’accomplit au fur et à mesure de l’évolution de ses attributions chez Pierre Cardin : administration du lieu, contrats avec les artistes, regard sur les tournées et plus tard directeur délégué et enfin directeur du théâtre depuis  quatre ans. La saison 2011/2012 marque sa première programmation personnelle intégrale. Il est particulièrement fier du Festival Mino, festival de musique pour les enfants, qui « sont les spectateurs de demain ». Ce qu’il préfère dans son travail ? « Etre à la genèse de la création ! »

A propos de genèse, comment s’est-il retrouvé dans l’aventure du spectacle « Sarah Bernhardt toujours » ? Grâce à deux passions de Pierre Cardin ! L’une pour Sarah Bernhardt, l’autre pour Véronique. Pour la première, il a monté la plus grande exposition lui ayant jamais été consacrée (Nicolas voit d’ailleurs « une similitude entre leurs deux parcours, tous deux ont eu une extraordinaire renommé dans le monde entier, l’une avec le théâtre l’autre avec la haute couture ». A la seconde, il ouvre les portes de son restaurant, Maxim’s, où, depuis quelques années, elle chante un répertoire début de siècle et joue Feydeau, Guitry... « Lorsque Monsieur Cardin m’a demandé d’écrire sur Sarah Bernhardt, j’ai décidé d’adapter son autobiographie en en reprenant mot à mot des extraits. J’ai aussi entendu des enregistrements de sa voix mais elle avait un phrasé très particulier, déclamatoire, affreusement démodé et j’ai pris le parti de ne pas en tenir compte. Nous ne sommes donc pas ici dans l’imitation mais dans l’authenticité ».

En marge du spectacle, on peut voir une exposition d’objets ayant appartenu à Sarah Bernhardt et venant de diverses collections privées, dont des costumes, et des tableaux la représentant.

Ceci nous ramène à Nicolas Laugero collectionneur d’art : « J’ai mis longtemps à assumer cette phrase à cause de la symbolique que cela implique. Je viens d’un milieu qui n’a rien avoir avec l’art. Je suis allé au musée une ou deux fois avec l’école et c’est tout. Alors, si moi j’arrive à devenir collectionneur, tout le monde le peut ! ». Tout a commencé à l’Espace Cardin, doté non seulement d’un théâtre de 700 places, mais aussi de 1700 m2 de surface d’exposition. A son arrivée, le grand Robert Combas exposait. Nicolas l’a côtoyé pendant un mois et demi et s’est vu offrir un dessin en remerciement de son travail. D’autres artistes ont fait de même, puis il a acheté ses premières pièces et, dix ans après, il y a trois ou quatre ans, on lui a pour la première fois demandé de les montrer. Une quinzaine d’expos ont suivi. Sa collection est concentrée sur l’art contemporain urbain c’est à dire « des artistes issus de la rue mais qui ne font pas de graff ». « De toujours l’art est parti des élites pour redescendre dans les musées. Depuis Basquiat, c’est le contraire. N’ayant pas eu accès aux galeries, monde élitiste par excellence, des artistes ont créé sur les murs pour s’exprimer et se faire connaitre, voire reconnaitre. Comme Mistic ou Jérôme Ménager en France, Speedy Graphito, JonOne et JR sont nés dans la rue et aujourd’hui sont dans les galeries, exposent… Le succès de ma collection me fait plaisir en grande partie parce qu’il implique la reconnaissance de tous ces artistes qui ont une trentaine d’années pour la plupart. Cela fait partie de mon combat : démocratiser et rendre accessible le spectacle et l’art ! »


Photo : Alexandra Baboneau.


Date de publication : 01/03/2012

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