Article : Agnès Soral
Agnès Soral et tous ses partenaires triomphent au Théâtre Rive Gauche jusqu’à la fin du mois de novembre dans « Les Héritiers ». Dans le rôle d’une réparatrice de chaudière un peu particulière, la comédienne prouvent une fois de plus qu’elle peut et qu’elle aime tout faire.
Comment avez-vous appréhendé ce rôle d’une chauffagiste lesbienne ? Je me suis tenue à ce que Jean-Pierre Dravel m’avait demandé. Au début, j’interprétais le personnage d’une façon très masculine. Peut-être trop. Alors au fil des représentations, j’ai tenté d’être plus nuancée. Ça n’est pas le rôle le plus difficile de ma carrière – puisque le texte est simple, il n’y a pas de pathos – mais il a évidemment ses exigences. Lesquelles ? Un rôle ne pose jamais les difficultés auxquelles on s’attend. Dans « Les Héritiers », je suis obligée d’être vive en permanence. Et en même temps, il faut que je fasse preuve de légèreté tous les soirs. Mais, je ne peux pas me permettre d’être nonchalante. Qu’est-ce qui vous donne l’énergie de faire ce métier ? Ce qui me donne la pêche, c’est l’osmose avec le public. Quand elle se produit, je suis comblée. Je me dis que j’ai une petite fonction sociale. Puis quand on fait ce métier, il faut le faire pour de vraies raisons. C’est un travail d’artisan, une passion. Si l’on veut devenir comédien pour la célébrité – dans la tendance actuelle – c’est la pire des professions. Pour vous, les choses se passent bien tout de même ? Je n’oserai pas dire autre chose. Mais quand on a l’étiquette de vedette, il y a aussi des impératifs. On doit faire de la communication. C’est presque du marketing, on doit se vendre. Et quand on ne le fait pas assez, on nous le reproche. On est obligé d’être joignable tout le temps, partout. Le portable est une plaie. Vous n’êtes jamais fatiguée ? Bien sûr, ça arrive. On vit dans une société où l’on fait culpabiliser les gens de se reposer. Puis, le théâtre est plus éprouvant que la grande lucarne. Et c’est là que je travaille le plus : C’est un fait, au cinéma, je n’ai pas les rôles principaux. Ce serait mentir que de dire le contraire. Cependant, on me propose beaucoup de choses. Comment gérez-vous les sollicitations ? Je travaille à l’instinct. Et de toute façon, on n’a pas le don d’ubiquité. Il y en a beaucoup que je décline. Puis, j’ai une fille de 17 ans et je ne veux pas être absente tout le temps, parce que je veux pouvoir faire sa connaissance tous les jours. Je trouve ça nul d’avoir une mère comédienne. Quel votre meilleur souvenir professionnel ? C’était au théâtre. Quand j’ai donné la réplique à George Wilson dans « Une chatte sur un toit brûlant » en 2001. Un moment inoubliable. Quand vous regardez votre carrière, que vous dites-vous qu’il vous reste à accomplir ? Vous voulez rire ! J’espère bien que n’est pas terminé ! J’ai presque 30 ans de carrière et surtout 40 autres devant moi. Mon rêve, ce serait de devenir Suzanne Flon. Elle n’est plus là aujourd’hui malheureusement, mais je garderai toujours pour elle la plus grande admiration. Je regretterai toute ma vie ne pas avoir joué avec elle. Vous avez des projets ? J’ai co-écrit un One-Man-Show avec Jacques Plessis. J’ai récupéré les droits et je cherche à présent une production. Je devais le jouer l’an dernier, mais ça a été reporté. Un théâtre semble intéressé mais, dans ce métier, rien n’est sûr. Une tournée avec « Les Héritiers » ? Pourquoi pas. Il n’en a toutefois pas encore été question.
Date de publication : 03/11/2011
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